dimanche 7 février 2016

Le plaisir de (re)découvrir la liseuse !

     J'avais commencé à lire le célèbre roman d'Agatha Christie, Dix petits nègres,  version papier : un  vieux livre abîmé de la collection Livre de poche datant de 1971, offert par les stations Elf, le tout écrit tout petit et recouvert de taches d'encre bleue. Autant dire que le plaisir de lire n'était pas franchement au rendez-vous. Mais j'ai quand même lu 94 pages sur 243 !

     Puis je me suis souvenue qu'il y a maintenant un peu plus de deux ans une liseuse m'avait été offerte. Elle n'avait que très peu servie (même pas un livre entier). A l'époque, bien trop attachée au livre papier, je n'avais pas réussi à m'emparer de l'objet. Le livre était alors cet objet sacré, presque mystique, qu'il fallait honorer !  Je devais sentir l'odeur du papier, son poids, le toucher, tourner les pages, regarder l'avancée de ma lecture en comptant le nombre de pages lues et à lire. La lecture telle que je l'avais toujours pratiquée. De plus, le prix des livres numériques n'étaient pas franchement attractifs. Seuls les classiques étaient disponibles gratuitement. Or les classiques, c'est version papier dans ma bibliothèque ! (Du moins était-ce ce que je disais à l'époque.) Voilà comment je l'ai abandonnée sans même prendre véritablement le temps de m'y intéresser vraiment.

     Mais 2016 est arrivé. Plutôt que de racheter le roman d'Agatha Christie pour 6€ version papier, je l'ai pris à 2€ version numérique. Comme je n'aime pas avoir deux fois le même livre dans ma bibliothèque, je me suis dit : "Pourquoi pas. C'est l'occasion de réessayer." Et j'ai bien fait ! 

     Cela m'a permis de désacraliser l'acte de lire. Toute la pression que je me mettais jusque-là (pourquoi se mettre la pression à lire ? Franchement. La lecture doit rester un plaisir. Oui, mais voilà, on ne se refait pas. Une petite thérapie de ce côté-là ne serait pas un mal.), bref, toute la pression que je me mettais jusque là : pfff... envolée...disparue ! 

      Tout à coup, ne plus pouvoir compter les pages, calculer le nombre d'heures de lecture restantes, ne plus subir le poids et la police du livre : un vrai bonheur ! En fait, paradoxalement, le fait de ne pas lire un "livre" m'a permis de retrouver le plaisir de la fiction. Un peu comme un enfant qui découvre le plaisir de la lecture. Depuis, je ne la quitte plus. J'ai téléchargé plusieurs romans, dont des classiques ! Après tout, leur nombre imposant de pages est sûrement moins impressionnant sur une liseuse. Ne l'allumer que pour 5 minutes n'est pas un problème. Or jamais je ne faisais ça avec un livre papier. Lire 5 minutes était "inutile". Je ne lisais que lorsque je savais que j'allais avoir le temps de bien me plonger dans l'histoire. Et bien sûr,  je ne pouvais pas m'arrêter à un autre moment qu'à la fin d'un chapitre. Avec la liseuse, c'est différent. Pourquoi ? Je ne saurai dire.

     Ce qui compte, c'est que grâce à cet objet moderne, j'ai retrouvé le plaisir enfantin de la lecture. Et ça c'est un vrai bonheur ! Merci Kobo !

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