mercredi 26 février 2014

L'Histoire : un éternel recommencement ?

     Et si l'Histoire était un éternel recommencement ? Si la barbarie nazie pouvait se répéter ? Ce sont là des questions posées par le roman de Todd Strasser, La Vague.

     Etats-Unis. Lycée Gordon. Classe de Terminales. Ben Ross, professeur d'histoire. Pour aborder son cours traitant de la Seconde guerre mondiale, l'enseignant passe un film sur l'horreur nazie. Très certainement "Nuit et Brouillard", mais rien n'est dit. A la fin du documentaire, la majorité des élèves quitte le cours comme si de rien n'était, prétextant que cela s'est passé il y a longtemps et qu'il n'y a plus rien à craindre. D'autres élèves, dont Laurie Saunders, s'interrogent. Comment les Allemands ont-ils pu laisser faire ça ? Comment ont-ils pu prétexter, à la fin de la guerre, n'avoir été au courant de rien ?
     Afin de permettre à ses élèves de comprendre la réaction de ce peuple, Ben Ross décide de mener une expérience. Le lendemain, il arrive en classe habillé différemment, de manière bien plus classe. Il change aussi d'attitude, demande à ses élèves de se tenir droit sur leur chaise, de répondre à ses questions en se levant et en commençant par "M. Ross..." suivi d'une réponse brève. Les élèves se plient au jeu très facilement, à la grande surprise de leur professeur. Un premier slogan est créé : "La Force par la Discipline". Puis un deuxième : "La Force par la Communauté", et un troisième : "La Force par l'Action". Le tout accompagné d'un salut de ralliement. Un mouvement apparaît alors : la Vague. Ben Ross en est le leader.
     Tout aurait pu s'arrêter là et ne rester qu'un jeu. Mais, contre toute attente, les élèves se métamorphosent, et réclament cette discipline rigoureuse. Contre toute attente, le professeur se prend à aimer sa position de leader ainsi que le pouvoir qui en découle. L'expérience risque de tourner très mal si Ben Ross n'y met pas fin très rapidement. Mais en a-t-il vraiment envie ? 



Mon avis : 

     Todd Strasser part d'un soi-disant fait divers qui se serait déroulé en 1969 dans un lycée californien. Il a bien-sûr romancé ce fait divers, mais le fait est là : tout peut recommencer. La Vague est un roman court, mais intense. Il pose de nombreuses questions sur la vie en communauté, sur l'homme en général, sa soumission aveugle et sa soif de pouvoir. Il montre que l'Histoire peut se répéter. Mais a-t-on besoin d'un roman pour le savoir ?
      A la fin de la lecture, on se dit : "Et moi ? si j'avais été dans pareille situation ? Qu'aurais-je fait ?". Bien-sûr, la réponse n'existe pas. Elle ne peut être trouvée et donnée  que lorsque l'on se trouve devant le fait accompli.
     A l'heure de la montée des extrêmes partout en Europe et en France, la lecture de ce roman fait réfléchir. Le fascisme n'est pas mort. Loin de là...
     Suite à son succès, le roman a été adapté en film. J'espère réussir à le regarder un jour afin de voir ce que le réalisateur en a fait.

       J'ai donc apprécié cette lecture, même si j'aurais aimé que la fin soit plus développée, que la réflexion soit un peu plus poussée.

Todd Strasser, La Vague (2008),
 coll. Pocket, 146 pages.


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